Deux outils que tout initié finit par tenir. L'un appelle, l'autre tranche.
Et c'est ensemble qu'ils font le travail complet.
Il existe une science réelle, rigoureuse, tenue secrète depuis des millénaires
une science de la force et de sa conduite. Au cœur de cette pratique, deux outils
reviennent dans toutes les traditions : la baguette et l'athamé.
On les croit réservés aux contes ou aux films. Pourtant, derrière l'image, se cache un
savoir-faire précis, transmis de maître à élève, qui n'a rien d'un décor. Ces deux
instruments sont les mains du magiste : l'une qui ouvre, l'autre qui ferme. Apprenons à
les connaître.
La baguette : la main qui appelle
Oubliez l'accessoire de spectacle. La baguette est un instrument de travail au sens le plus exigeant du terme. Elle prolonge la main, et à travers elle le verbe et l'intention. Là où la parole et la volonté se concentrent, elle devient le canal qui dirige, oriente et projette la force vers sa cible. Elle ne crée pas la magie : elle la conduit, comme un fil conduit l'électricité. Sa gestuelle est précise, son rituel de mise en vie aussi. Il ne s'agit pas "d'agiter un bois" mais bien d'une cérémonie adéquate pour que la baguette envoie
ce qu'elle a reçu en puissance magique des Hierarchies, des planétes, des invocations.
Toutes les grandes traditions l'ont connue et honorée. Le sceptre des prêtres de l'Égypte
ancienne, qui ouvrait les portes des temples et commandait aux forces. Le bâton de
Moïse, qui fendit la mer et fit jaillir l'eau du rocher. Le caducée d'Hermès, autour duquel
s'enroulent les énergies de guérison et de transmutation. La baguette des théurges, celle qui figure parmi les outils essentiels de la haute magie cérémonielle aux côtés de la coupe, du pentacle et de l'athamé.
Partout, dans tous les âges, l'initié tient en main cet outil parce qu'il sait une chose : la force a besoin d'un chemin pour s'incarner.
Ce que la baguette travaille, c'est l'appel : faire venir, ouvrir, concrétiser. Voici à quoi
cela ressemble dans une vie réelle.
E X E M P L E — L ' A B O N D A N C E
Une activité qui stagne, des opportunités qui ne se présentent pas. Par un rituel
d'appel mené à la baguette, on ouvre la voie : la clientèle revient, les portes
professionnelles se débloquent, ce qui était fermé recommence à circuler.
E X E M P L E — L A R E N C O N T R E
Une solitude qui dure, des liens qui ne se nouent pas. L'appel sentimental, formulé
avec justesse, prépare le terrain et attire ce qui est juste pour soi sans forcer la
volonté de personne.
Santé, chance, réussite à un examen, amplification de ses propres dons : partout où il
s'agit de faire venir, la baguette est l'outil du oui.
L'athamé : la main qui tranche
Mais appeler ne suffit pas toujours. Il vient un moment où il faut couper ce qui retient,
dissoudre ce qui parasite, fermer ce qui doit l'être. C'est là qu'intervient l'autre outil.
Si la baguette ouvre, appelle et fait venir, l'athamé, lui, tranche, défend et libère. C'est
l'autre versant du travail, celui sans lequel aucune magie n'est complète.
Pensez à l'épée flamboyante de l'archange Michaël, qui tranche les liens et terrasse les
forces obscures. Au glaive des chérubins postés à l'entrée de l'Éden, gardiens du seuil. À
la lame consacrée que tous les ordres initiatiques ont placée entre les mains du magiste pour commander, ordonner, délimiter.
L'athamé est l'outil de l'autorité et de la frontière. Il pose les cercles, scelle
les protections, rompt les attaches astrales, renvoie ce qui n'a pas à rester.
C'est l'arme le mot est ici à sa juste place de celui ou celle qui refuse de subir et
décide de reprendre la main sur sa vie, sa maison, sa lignée. Là encore, voyons
concrètement.
E X E M P L E — L A M A I S O N L O U R D E
Un lieu où l'on ne dort plus, où les disputes éclatent sans raison, où l'atmosphère
pèse. Le nettoyage mené à l'athamé tranche ce qui s'est accroché aux murs "la mémoire" et rend à l'espace sa clarté "l'harmonie".
E X E M P L E — L E L I E N Q U I É P U I S E
Une relation derrière soi, mais une attache qui ne lâche pas, qui draine l'énergie à
distance. La coupe des liens astraux rend chacun à sa route et restitue la force qui
était captée.
Deux outils, un seul travail
On comprend alors pourquoi les anciens ne séparaient jamais vraiment l'un de l'autre. La baguette fait fleurir, l'athamé fait place nette. Appeler la lumière dans un espace encore encombré ne sert pas à grand-chose ; trancher sans rien faire venir ensuite laisse un vide.
Les deux gestes se répondent.
Là où la baguette fait fleurir, l'athamé fait place nette.
L'une sans l'autre laisse le travail à moitié fait.
C'est cette tradition vivante, charnelle, opérative que je transmets dans mes formations.
Pas une jolie idée. Un vrai savoir-faire, qui demande méthode, discipline et consécration
et qui s'apprend, dans un cercle restreint, auprès de quelqu'un qui le pratique depuis
des décennies.
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